Les numériciens en HDF
Le numérique au service des habitants et des territoires de la Région
Région Hauts-de-France

Formation aux métiers du numérique

L’ESSENTIEL

L’emploi est une priorité pour la Région Hauts-de-France. L’enjeu pour le domaine du numérique est majeur, mais les chiffres du recrutement démontrent un manque récurent, important et croissant de compétences (environ 3 000 postes non pourvus par an : informaticien, développeur, webdesigner, expert sécurité, community manager, gestionnaire des infrastructures de réseaux,…)

Vision prospective partagée des emplois et des compétences – la filière numérique – France Stratégie – 8 juin 2018
Référentiels métiers de la branche du numérique de l’ingénierie, des études et du conseil et de l’évènement

Cette situation inquiétante concerne autant les entreprises du secteur que celles qui s’approprient le numérique pour leur évolution (objets connectés, big data, cloud computing, réalité virtuelle ou augmentée, robotique, fabrication additive, e-learning, nanotechnologies,…), et ce dans tous les domaines d’activité : logistique, agriculture, bâtiment, formation, industrie…

Au-delà d’un enjeu sectoriel c’est donc l’ensemble des entreprises qui, pour se développer, vont être freinées par ce manque de compétences. Parallèlement, cette conjoncture constitue une opportunité pour accompagner de nombreuses personnes vers ces métiers porteurs.

Des formations existent, mais elles sont insuffisantes, en nombre de personnes formées, en agilité vers les métiers évolutifs, en équité territoriale,… Le foisonnement, l’éclatement et la jeunesse de la filière, la nature transversale des métiers du numérique et leur évolutivité en sont les principales causes.

La Région propose à l’ensemble de ses partenaires d’être la coordinatrice des actions existantes ou à amplifier :

  • pour créer des synergies (à moyens constants, par priorisation sur le numérique de moyens existants)
  • pour donner de la visibilité à cet enjeu, notamment via la bannière fédérative “#LeNumeriqueRecrute @hautsdefrance“.

CONSTATS FONDATEURS

Les effets de la transformation numérique seront particulièrement sensibles là où les conditions seront réunies, notamment les coordinations des acteurs et des formations. Or, plusieurs freins limitent ces effets positifs.

  • La filière

    • Elle est jeune, peu structurée, relativement peu importante : 8ième place pour le poids du numérique dans l’emploi salarié de notre région, en croissance de 20% par an, contre 11% au niveau national.
      étude INSEE Hauts-de-France n°56, aout 2017
    • Elle rencontre des difficultés à exprimer ses besoins, notamment prospectifs. 47% de ces entreprises ont connu des offres de postes non pourvues en 2017 ; rien que sur les ingénieurs informatique il y a 4.500 postes prévu sur 2018 avec un taux de tension le plus élevé mesuré par Pôle Emploi.
      étude Besoins de Main d’Œuvre 2018, Pole Emploi
  • La digitalisation des entreprises

    • L’engagement des entreprises françaises pour leur digitalisation est faible. La France a 20% de retard sur l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Belgique, 30% sur les pays nordiques, elle se place au 16ème rang européen entre la république tchèque et la Lituanie.
      étude DESI 2017 Commission européenne et McKinsey 2016
    • Alors que 11% des entreprises françaises ont un site de e-commerce, 70% des français achètent en ligne
    • Seulement 29% des chefs entreprises régionales pensent que le numérique transforme leur entreprise.
  • L’attractivité des métiers

    • Le manque de vocations pour les métiers du numérique est manifeste, en formation initiale ou en reconversion. Ce secteur reste perçu comme trop technique (les Geeks…!) en raison d’une mauvaise connaissance des métiers qu’il recouvre, de leur diversité et de leur richesse.
    • C’est enfin un secteur où les femmes peuvent trouver la place qu’elles devraient occuper de fait.
      Promouvoir la place des femmes dans le secteur du numérique.

La levée de ces freins permettra de mettre en place un système visant la croissance des entreprises et le développement de l’emploi en Hauts-de-France :

LE PLAN ENSEMBLIER “#LeNumeriqueRecrute @hautsdefrance

Un objectif : fédérer et remobiliser les énergies autour d’un plan d’action partagé avec les acteurs concernés : Etat, universités, écoles, Pole Emploi, représentants des entreprises du numérique ou en transformation numérique, maisons de l’emploi, intercommunalités…, y compris avec les Services publics de l’emploi local. Au-delà de ce principe fondateur, trois axes ont été identifiés pour répondre aux freins évoqués.

  • Aider à l’expression des besoins des entreprises

    Face aux besoins évolutifs des entreprises il convient d’avoir une offre de formation agile mais qui puisse se fonder sur des besoins quantifiés, localisés et qualifiés pour justifier l’investissement en appareil de formation.
    Structurer un référentiel métiers-compétences partagé entre entreprises et acteurs de la formation. Ce référentiel permettra :

    • d’un côté d’organiser la remontée des besoins (en vision la plus prospective possible ; en incitant à élargir les profils recherchés),
    • de l’autre de croiser avec l’offre de formation existante et à ajuster en terme de volume et de construction de parcours de formation.
  • Rendre ces métiers plus attractifs, les promouvoir et les expliquer

    Les métiers du numérique attirent peu, comme la plupart des métiers scientifiques, notamment chez les filles (10 à 20% de femmes dans le numérique). Ces métiers sont mal ou peu connus, dans leur variété et diversité, au-delà de l’image dominante du geek très refermé, masculin, hyper-technique.

    • Construire un nouveau référentiel de promotion de ces métiers (kit méthodes, ressources, vidéo- témoignages, pour créer du lien avec l’offre d’emploi) et le diffuser le plus largement possible.
    • Multiplier les cibles au-delà des jeunes ou personnes en reconversion à l’ensemble des prescripteurs qu’il convient d’informer (acteurs de l’emploi, de l’orientation, mais aussi enseignants, parents…). Pour atteindre les objectifs de formation, il faut aller au-delà des cercles habituels, proposer ces métiers à d’autres publics.
    • Multiplier les canaux par des sites web et des événements dédiés, ou plus généraux incluant ce sujet (type forum de l’emploi). pour stimuler la promotion de ces métiers :
      • via des mises en relations directes (avec des formations, avec des offres d’emploi ou de stages ;
      • via le dispositif régional OTEN de soutien aux événements locaux ou l’action Digit Week de Pôle Emploi), le lien métiers-formations-emploi devant être mis en avant pour être incitatif. A noter : les Opérations territoriales emploi et numérique (OTEN) représentent un maximum de 50% et 5.000€ pour des événements locaux.
  • Développer l’offre de compétences :

    Ajuster l’offre de formation (quantités, contenus, méthodes plus agiles) en fonction de la remontée qualifiée des besoins. Cette offre est déjà bien présente (environ 17.500 personnes formées par an) et pourra être développée, si on lève les freins qui seront par exemple le nombre de postes d’enseignants :

    • en formation initiale supérieure (ingénieurs, masters, licences, licence pro, DUT),
    • en formation initiale en lycées (BTS, bac pro, bac techno),
    • en formation initiale par apprentissage (tous niveaux confondus),
    • en formation continue dans le supérieur,
    • en formation continue via le Programme régional de formation,
    • en formation circuits courts (« Invest In Digital people »; École régionale du Numérique/Grande école du numérique – voir ci-dessous),
    • en attirant des talents d’autres régions ou pays,
    • en mobilisant les entreprises et les branches pour accroitre les capacités de formation,
    • en développant l’offre de formation accessible en ligne, pour élargir sa portée,

L’idée d’une base de départ à élargir (promotion des métiers dès le collège et le lycée) est à coupler avec l’idée de parcours et de passerelle. L’enjeu n’est peut-être pas d’augmenter significativement le nombre de BTS mais d’augmenter les passerelles vers des licences pro, plus attendues des entreprises.

LA RÉGION DÉJÀ EN ACTION

Outre ce plan ensemblier proposé à tous les partenaires concernés, la Région s’est déjà engagée dans le cadre de ses compétences (par exemple concernant l’apprentissage) dans deux dispositifs dédiés et opérationnels :

  • L’école régionale du rumérique

    Ce dispositif a pris en 2018 la forme d’un appel à projets expérimental, désormais clos. Il vise à soutenir des actions de formation issues de la dynamique nationale Grande école du numérique. Ces formations gratuites, sans prérequis de diplôme, courtes et qualifiantes, visent à proposer à des chercheurs d’emploi (adultes en reconversion, jeunes décrocheurs, publics des quartiers prioritaires, femmes, handicapés…) la possibilité d’intégrer le secteur du numérique. Les bilans nationaux montrent 74% de sorties positives (CDI, CDD, autoentrepreneurs, reprise de formation plus pointues…).

    La Région Hauts-de-France soutient 30 actions de formation qui permettront de former 600 personnes aux métiers du numérique.

    Le numérique recrute : formez-vous !
  • L’appel à projets « Opérations territoriales dédiées à l’emploi du numérique (OTEN) – Métiers du numérique

    Le dispositif de la formation aux métiers du numérique est en lien avec les besoins des entreprises de la filière comme de toutes les entreprises qui intègrent le numérique. Il doit avoir un écho dans tous les territoires. Ce sujet est déjà mis à l’agenda local d’instances collégiales dédiées à l’emploi et à l’économie, comme les réunions du Service public de l’emploi local – SPEL -. En complément, la Région a lancé un appel à projets pour soutenir des opérations territoriales dédiées à l’emploi du numérique (OTEN).

    L’objectif est d’organiser des événements territoriaux pour promouvoir les métiers du numérique (jeunes, adultes en reconversion) et faciliter des rencontres directes avec des formations et surtout des offres de stages ou d’emplois locales.

    Présentation de l’aide et fichier d’appel à projets